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Association des Juifs Originaires d'Egypte
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INTERVIEW : SUZY VIDAL alias SULTANA LATIFA
 

A l'occasion de la parution de son nouveau roman "The Ebony Child" Suzy Vidal s'est prêtée au jeu des questions et des réponses avec l'AJOE :

1 Quand avez-vous pris la décision d'écrire la Saga des Juifs d'Egypte?
En 1999 j'ai été très malade et j'ai voulu que mes enfants sachent d'où ils venaient. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit le premier Jasmin. Puis mes amies et famille m'ont dit de tout raconter, ce que j'ai fait.
2 La trilogie "The Jasmine Necklace" répond à quel besoin?
Au besoin profond de faire connaitre notre belle communauté, comment nous vivions, notre culture, nos traditions. Il m'a semblé urgent de le faire car les années passent et surtout j'ai voulu faire connaître au monde COMMENT nous avions été traités et ce, AFIN QUE NUL N'OUBLIE.
3 En lisant vos livres on est frappé par la maîtrise de votre style, la clarté et la précision de vos descriptions. Sur quoi vous appuyez-vous pour écrire vos livres?

Tout d'abord j'ai une bonne mémoire, j'enregistre beaucoup de choses et surtout dans ma famille nous avions de très bons conteurs qui nous faisait revivre les épisodes de notre famille ayant quitté l'Irak à dos d'âne pour traverser le désert et s'installer en Egypte jusqu'au jour fatal de l'exil en 1956/7. Et nous n'avions pas la télé, donc les livres étaient ma grande joie et j'en ai lu ...
4 Parlez-nous un peu de votre formation...
J'ai été une enfant désobéissante, raison pour laquelle mes parents ont jugé qu'il fallait la poigne des religieuses Irlandaises pour me mettre au pas. J'ai commencé à l'âge de 4 ans par la maternelle en anglais jusqu'à la fin des études secondaires, toujours en anglais. Enfin la poésie anglaise (sans oublier Shakespeare) a bercé mon adolescence. Ayant obtenu mon diplôme final de Oxford et Cambridge, je me suis inscrite à l'Université Américaine du Caire en littérature anglaise et sociologie. J'ai juste eu le temps de terminer le 27 juin 1957 (jour de mes 21 ans) et de partir pour l'Italie rejoindre ma mère et ma sœur qui avaient déjà quitté le pays trois mois auparavant.
5 Vos livres sont construits autour d'évènements familiaux ou d'éléments d'actualité. Il semble que vous ayez une "banque de données personnelles". Comment faites-vous pour mettre en musique les différents éléments qui la constituent?
C'est tout à fait vrai!  J'ai toujours aimé écrire; à l'école, on nous donnait à faire beaucoup de rédactions puis cette passion s'est épanouie à l'université où je suivais les cours de littérature anglaise.
6 On ne peut pas évoquer vos livres sans sourire. L'humour et la dérision sont vos merveilleux atouts pour ne pas sombrer dans la nostalgie. Etes-vous inspirée par l'humour juif, par Goha ou le "sense of humor" saxon?
Les trois, je crois. Bien évidemment l'école anglaise m'a beaucoup apporté de ce côté. L'humour anglo saxon est impayable, mais dans ma famille aussi nous aimions rire et souvent mon nonno nous racontait des histoires qui nous faisaient rire de bon cœur. Et ce fameux GOHA était toujours de la partie avec mes cousins qui se racontaient 'la dernière.'
7 Regrettez-vous l'Egypte?
Bien évidemment. Mais je regrette surtout ma famille, notre communauté, nos fêtes et notre joie de vivre associée au cosmopolitisme de la société égyptienne de l'époque.
8 Et si c'était à refaire....?
Non, sincèrement sachant ce qui s'en est suivi, je préfèrerais renaître ailleurs.
9 A quelle question aimeriez vous répondre?
Si je suis heureuse maintenant: oui autant que l'on puisse l'être dans un monde qui perd la raison. Heureusement j'ai ma famille que j'aime et qui m'aime, et ça c'est le plus important, bien sincèrement.
Suzy Vidal, Interview réalisée par Simone Diday.