Culture

Les synagogues du Caire

La synagogue chaar ha chamaim

Temple Ismalia du Caire

Par Elie Nessim Cohen

 

Elle est la plus belle et le plus grande de toutes les synagogues juives sépharades du caire. Elle est située en plein centre « chic » de la capitale égyptienne. (17, rue Adly Pacha, ex Madabegh).

Elle a été construite en 1905 par des familles riches pour les habitants aisés du quartier. La famille Mosséri, Nessim bey Mosséri et surtout Vita bey Mosseri ont largement contribué à son édification. C’est l’ingénieur juif Maurice Cattaoui qui a tracé les plans de ce magnifique temple monument d’art de style exotique.

La synagogue se compose de deux niveaux et est bâtie sur un terrain carré de 10 000m². Elle possède plusieurs salles et une riche bibliothèque.


Chaar Ha Chamaim « la porte du ciel » a été complètement rénovée en 1980 par des habiles ouvriers et artistes peintres égyptiens. Les juifs sépharades de Genève (Suisse) ont largement financé et surveillé cette restauration bien réussie.


entrée

Le gros des livres et archives qui se trouvait dans les divers temples et centres juifs du Caire a été transféré, archivé et classé dans sa bibliothèque.

Les sefers torahs sont toujours à leur place dans le hekhal mais fermés à clés.

Actuellement, la synagogue gardée par deux policiers égyptiens ouvre ses portes de 10h a 16h et visitée par les touristes juifs et non juifs.

Quelques cérémonies religieuses sont célébrées pendant les fêtes.

En 2005, notre magnifique temple Chaar ha Chamaim aura cent ans (1905-2005) et sera classé monument historique égyptien.

 

 
photo récente (Carmona)


 

C'est avec un grand plaisir que je réponds à vos interrogations concernant  le document que je vous ai envoyé:
Ce document m'appartient, en effet j'avais l'habitude d'aller à la synagogue de la rue Adly pour les fetes de Kippour et de Roch Ha chanah où nous avions  nos places :
 Il y avait mon Grand père David Carmona avec ses deux fils Jacques Carmona et Guido Carmona et moi, fils de Jacques.
Mon Oncle Guido avait un fils Pierre mais ils a du s'exiler très tôt aux USA  à la suite d'une altercation qu'il avait eu avec le fils d'un pacha.
J'avais un frère (demi frère) actuellement décédé mais comme il avait plus d'une dizaine d'année de moins que moi, j'ai quitté l'Egypte (1960) avant sa bar Mitzvah donc il ne venait pas avec nous à la suynagogue.
En résumé nous étions les 4 cités plus haut à la synagogue pour les fetes..
Pour me situer:
J'étais en classe avec David (Doudi) Harari, j'habitais le même immeuble que la famille Fermon (13 Rue Boustane), et j'ai une soeur (demi soeur) qui a fait partie du bureau de l'Ajoe tout a fait au début (Rivka Houzi)
Je sais bien que 300 Kms nous séparent mais je prends mes dispositions pour venir au mois de mai 2005 et pour participer à d'autres activites
A un de ces jours
 
Ciao,
A. Carmona


La synagogue ben Ezra
par elie nessim cohen

La synagogue ben Ezra du Caire, la plus ancienne et la plus belle d’Egypte, est unique. Son architecture est chrétienne, ses arabesques sont islamiques, mais ses ornements, les inscriptions qu’elle porte et, bien sûr, son culte sont juifs.

Bâtie par les Coptes comme une basilique orthodoxe, avec douze magnifiques colonnes en marbre et trois nefs, ses murs et son plafond sont couverts de mosaïques en ivoire et en nacre et les noms des trois premiers califes musulmans et du mamelouk sultan Kalaoun sont inscrits en arabe sur des lustres.

Les ornements hébraïques : menorah, maguen david et dix commandements sont étincelants et le verset 39-9 du livre de l’exode est grave en hébreu sur une plaque en marbre.

Jusqu’en 1968, deux ou trois familles juives pauvres habitaient encore dans des chambrettes entourant la synagogue et l’entretenaient, mais la synagogue Ben Ezra tombait en ruine. Grâce à un don canadien et à l’habileté des ouvriers égyptiens qui ont travaille pendant dix ans (1982-1992), elle est totalement restaurée. Le gouvernement égyptien l’a classée « monument historique » mais elle demeure propriété de la communauté juive du caire.

L’histoire de cette synagogue est mouvementée. La légende dit que c’est à cet endroit que la fille du pharaon a recueilli Moise dans son panier. La légende dit aussi que Moise a grandi dans ces mêmes lieux. C’est Jeremie, fuyant Nabuchodonosor et se réfugiant en Egypte,qui, avec quelques fidèles, aurait construit la synagogue. Un parchemin contenant le texte de la Torah, attribué a ezra sopher (ezra le scribe), y fut déposé et conservé pendant des siècles.

Au VIème siècle , les romains sont christianises et occupent l’Egypte. Ils octroient la synagogue aux coptes qui édifient une petite basilique orthodoxe. Au Xème siècle, l’Egypte est déjà arabe et musulmane : les coptes sont en disgrâce et, sous le règne d’Ahmed Ibn Touloun, lourdement taxés (20 000 dinars par an). En 1115, afin d’éviter la prison à leur patriarche, Alexandre le 56eme, les coptes vendent leur église au rabbin abraham ben ezra,originaire de Jerusalem. L’église est rapidement transformée en synagogue.

La guenizah

Lorsque la ville du caire (al kahira) est construite, le gros de la population juive s’installe dans le quartier juif (haret el yahoud) au mouski. La synagogue ben ezra de fostat perd de son importance. Mais elle rayonne toujours a l’époque de Maimonide (1135-1204). En 1170, l’historien Benjamin de Tolède la visite et consulte  la »Torah d’ezrasopher ». ibn safir la mentionne dans ses écrits et parle de la guenizah (la salle ou sont conserves des manuscrits hebraiques). Le celebre el makrizi (1364-1442), dans son ouvrage « khotat et assar » (ecrits et monuments », consacre seize pages aux juifs de l’époque et décrit cinq synagogues, parmi lesquelles celle du vieux caire.

La guenizah fut découverte en 1895-1896 par le professeur Schechter et ses collègues. Les manuscrits hébraïques sont désormais dispersés dans divers pays. Une bibliothèque de 3000 livres en hébreu remplace aujourd’hui la guenizah.

Les juifs égyptiens n’ont jamais oublié leur synagogue ben ezra. Chaque année a roch Hodech (premier jour du mois) d’iyar, ils faisaient leur pèlerinage. Le matin, ils montaient a masr el atiqua (le vieux caire), allumaient quelques mèches à l’huile, murmuraient quelques prières et quelques vœux et, quittant ben ezra, prenaient une felouque et allaient passer la journée à l’île de rodah.

Aujourd'hui, la vieille synagogue chargée de tant d’histoire n’est plus un lieu de culte ou de prière juive. C’est un monument historique visite par les cars de touristes, les curieux, les nostalgiques et quelques célébrités. Hillary Clinton et sa fille y sont venues en mars 1999. il n’empêche, lorsqu’un juif sort de la synagogue ben ezra il entend une voix lui murmurer : « du fond de cette synagogue 35 siècles vous contemplent ».


Elie Cohen


Kéniss el Kébir
Elie Patan

Mes souvenirs de la Synagogue “NEVE SHALOM”.

Connue couramment sous le nom de “El Keniss El Kebira”  ,  au quartier de  Sakakini

 

J'ai lu quelque part qu'elle fut construite en 1890, et qu’elle fut vendue en 1980, pour servir d’étable !

L'entrée principale etait du midan tursina, avec un petit portail en fer noir. Dès l'entrée il y avait les toilettes à gauche, suivi d'un petit jardin, toujours à gauche. On continuait dans un corridor de presque 5 ou 6 mètres de large toujours en plein air. Ensuite on montait quelques marches, et on accédait à une cour pavée ou dallée, plein air, rectangulaire avec des fauteuils bancs tout autour. Au fond de cette cour, il y avait une petite salle à tout usage.

De la cour dallée, on entrait dans le hall,  la  grande salle des prières.

Toujours de forme rectangulaire pour moi à l'epoque je voyais cette salle  grande, immense,...  (D’ailleurs c’est pour cette raison qu’on l’apellait “El Keniss El Kebira”. Sûrement de loin plus vaste que celle de la Synagogue Krayem, et autres.  Le plafond était très haut,... il y avait de hautes colonnes de marbre blanc de 90, ou 100 cms de diamètre. Ces colonnes servaient à soutenir la galerie des dames (Ezrat nashim) , qui etait sur 3 cotés, en forme de  " U ".

Tout ,.. oui, ... tout le  mur d'en face, du sol au plafond haut,  était couvert de boiseries gravées sculptées avec un style qui rappelle les synagogues anciennes italiennes,  avec des représentations de fruits, feuilles, arbres c'etait très beau. Les artisans ébénistes ont fait un très beau travail.

Qu’est devenu ce chef-d’oeuvre ?  Même en vendant l’immeuble, on devait penser à sauvegarder ce qui fait partie de notre patrimoine,… ne pouvait-on pas le démanteler et transporter dans une autre synagogues,.. autant de questions qui  se posent et nous tourmentent.

Pour accéder au heikhal, l'armoire des sefarim, on montait  8 ou 9 marches de marbre blanc, on arrivait a un podium , plateforme de presque 4 mètres de largeur. Le tout, (marches et plate forme) était couvert de tapis.

Au milieu, il y avait l'immense armoire des Sifrey Torah avec 2 grands battants, toujours en bois sculpté.  Quand on ouvrait l'armoire, il y avait plein de sifrey Torah de toutes dimensions, de toutes les couleurs , le tout ornementé de cuivres étincelants, et du velours qui couvrait le bois,.. La partie haute recevait les rimonims en métal brillant, avec les petites clochettes et qui fait le bonheur des petits gosses. L'intérieur de l'armoire avait deux étages, sépares par une étagère ,.. tellement les sepharim etaient nombreux.

Je me rappelle a Simhat Torah il fallait plus d'une heure  pour vider l'armoire de son contenu,...

Tout autour de la plateforme, et la surplombant à presque 2 mètres de haut, il y avait des récipients en verre a l’intérieur desquels, il y avait de l’huile et des mèches allumées pour le repos des âmes des personnes défuntes.

Au milieu de la salle, il y avait la teba (pupitre) , toujours en marbre blanc.  De forme carrée,  ou légèrement rectangulaire,  surélevée par quelques marches, et entourée par un parapet, le tout en marbre.

Tout autour de la salle, il y avait des Bancs fauteuils, larges et confortables, avec des accoudoirs.  Des bancs fauteuils de même style remplissaient toute la salle. Toute la boiserie, mur et fauteuils etaient en bois de noyer massif, et de couleur marron rouille.

Sur les murs etaient suspendus de grands cadres avec des dessins, des signes et des textes de prière en hebreu.

Mais le plus beau, le plus impressionnant, c’etait l’éclairage. Pendant les fêtes et les cérémonies, on allumait le tout, et c’était une féérie de lumières étincelantes, aux mille éclats. Tout le pourtour de la galerie des dames, ainsi que tout autour du mur boisé d’en face etait plein de mille lampes qui, une fois allumées, luisaient et faisaient un effet si joli et imposant qu’on ne peut oublier.

Les rabbins étaient habilles de soutanes blanches immaculées, et  la tête couverte par un chapeau spécial rond, toujours blanc.

Il y avait une chorale (les mezzamerims), formée d’une dizaine d’enfants qui chantaient les prières et les louanges les vendredis soirs, les Samedis et jours de fête.

Que de souvenirs,… quel dommage que tout cela soit perdu,… mais le souvenir restera a jamais dans nos coeurs.

J’ai visité une  tres grande quantite de sites juifs  (d’origine Egyptienne), dans tous les pays,...J’y ai laisse des messages, si quelqu’un conserve des photos ou un apercu historique de cette synagogue, mais personne ne m’a repondu.

Dommage … !

 Un des sites importants en la matiere est :

     HSJE -   Site of   "The Historical Society of the Jews from Egypt".

J’y ai cherché partout mais sans succès. Dernièrement j’y ai inséré mon site généalogique familial, dans la rubrique GENEALOGY.

GenoPro Report   You are welcome to navigate between the pages of this site, and see details about any member of the  families : PATAN, SASSON, ISRAEL, ABADA, COHEN, GAL,  and many others

 

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