Culture

 

 

Les Juifs d'Egypte :
Passé, Présent, Futur...

Lundi 6 mars 2006
Congrès au Sénat

Le Palais du Luxembourg, lequel a ouvert ses portes à l’AJOE, ses membres et ses sympathisants grâce à

Madame Michèle André, Vice-Présidente du Sénat, Sénatrice du Puy-de-Dôme
et à Madame Raymonde Le Texier, Sénatrice du Val d’Oise,

a été le théâtre d’une belle et riche journée.

Plus de deux cents personnes étaient présentes -rejointes l’après-midi par un groupe d’élèves de terminale ES du Lycée Maïmonide, accompagnés de deux professeurs- pour commémorer le cinquantième anniversaire de la nationalisation du Canal de Suez, nationalisation qui lança le coup d’envoi d’expulsions et d’arrestations massives et qui dispersa, aux quatre coins du monde, les Juifs installés en Egypte depuis des générations.
Monsieur Philippe Partouche, Président de l’AJOE, fut le premier à intervenir, présentant l’association, ses activités et ses objectifs.

Madame Michèle André, retenue par les nombreuses obligations de sa fonction n’a pu assister à cette commémoration.

Nous avons également regretté l’absence de Monsieur Joseph Diday, Président d’Honneur de l’AJOE, que nous remercions vivement d’avoir été, depuis sa création, à la tête de notre association -avant de céder le flambeau à Philippe Partouche- et de l’avoir menée à son épanouissement actuel.
 

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A l’invitation de Philippe Partouche, Madame Le Texier, qui fut pendant plusieurs années Maire de Villiers-le-Bel, prit la parole. Ayant eu l’occasion de bien connaître les Juifs d’Egypte, elle exprima combien elle avait apprécié leur courage, leur souci d’intégration et surtout leur désir de prendre une part active à la vie de leur commune.

Les interventions qui suivirent, celles de Joseph Davidovits, Moïse Rahmani, Alexandre Adler et Minou Azoulai, furent entrecoupées de témoignages filmés, relatant tous un vécu commun et cependant exprimant chacun un ressenti personnel et unique… Parfois nostalgiques et mélancoliques, parfois, au contraire, toniques ou drôles, nous attendrissant par un accent que nous avons souvent oublié ou simplement occulté, ces témoins d’une époque douloureuse, nous ont permis de reprendre notre souffle entre les brillants exposés que nous avons eu le privilège d’écouter. Merci à Ronald, Denise, Nelly, Maryse, Simone et Roland.

Joseph Davidovits, auteur de « La Bible avait raison » (I et II) nous a présenté le résultat de ses recherches sur l’identité de Joseph, sur Moïse et l’Exode. Il nous a également exposé sa théorie sur la pierre qui a servi à la construction des Pyramides. Toutes ses explications, fort structurées et détaillées, ont été largement étayées par des diapositives, ébranlant parfois quelques unes de nos certitudes.

Esther Lamandier qui accompagnait le Professeur Davidovits nous a également ébranlés par ses chants magnifiques.

Moïse Rahmani a balayé une longue période d’Histoire, développant une rétrospective chronologique de la présence des Juifs en Egypte, passant par la période de la création de l’Etat d’Israël, évoquant les prémices de la crise de 1956 et aboutissant aux événements que nous avons vécus. Exposé à la fois instructif et émouvant…

Une pause déjeuner conduisit ensuite l’assistance vers le salon René Coty où un buffet avait été dressé : falafels, téhina, salade orientale, aubergines et pois chiches, …suivis de mahalabeya et baklawa.

De retour à la salle Médicis, les interventions allaient reprendre.

Alexandre Adler nous a brillamment présenté un historique des événements pré et post «nationalisation du Canal de Suez», effectuant une analyse détaillée des conséquences géopolitiques de la situation en Egypte et de la politique exercée alors dans le pays.
En réponse à la question d’un participant, il a développé, dans le détail, les origines, le déroulement et l’aboutissement tragique de l’affaire Curiel, nous faisant même part de son interprétation personnelle.

Minou Azoulai, auteur de « Murmures d’Alexandrie » et native de cette ville, a apporté la note -toute féminine- d’émotion et de sensibilité avant la clôture de ce Congrès. Elle a évoqué ses souvenirs, son départ, sa rupture mais aussi son inquiétude quant à l’avenir, en France, de notre communauté …

Elle nous a présenté également un film sur Alexandrie, qu’elle a tourné il y a quelques années,
et qui reflétait bien ses sentiments, ses sensations et son attachement à sa ville natale…


Toutes ces interventions furent entrecoupées de petites pauses, permettant ainsi rencontres et retrouvailles dans une atmosphère de joie chaleureuse, d’émotion, de nostalgie, d’échanges d’adresses, de numéros de téléphone… et offrant également la possibilité de consulter et de se procurer les livres et les brochures exposés.
Encore un mot sur l’association Dor les Dor, association dont l’action nécessaire, indispensable, incontournable même est axée sur la sauvegarde de la mémoire et dont Anne Sand a fait la présentation, lançant un insistant appel à témoignages.


A 17h.45, Philippe Partouche annonce la clôture du Congrès.

Régine Zayan.